LE FIL - Auto portraits
Le FIL de ma vie n’a de cesse d’accumuler les envies, les découvertes,
les expériences ; remplir chaque instant, ne laisser aucun temps perdu.
Tout est passionnant.
Ce FIL traverse mes journées, tirant sur mon esprit, excitant mon sommeil.
Tout est exaltant.
Sous passion constante,
ce FIL se tend encore plus, pèse sur mon corps, brûle mes yeux, dérègle mon cœur : mes muscles ne portent plus …
vient la chute avec l’incompréhension, la frustration, la honte.
Le FIL se casse, et avec lui l’élan … l’abandon et le vide total.
Surtout garder le FIL,
s’y accrocher ;
je respire mes souvenirs et
je photographie sur le FIL du rasoir : ma solitude, ma détresse, mes troubles cognitifs, mes peurs,
mon corps emprisonné par un FIL barbelé et mon introspection
tel un FIL photographique.
Tout ne tient qu’à un FIL.
Peu à peu l’acceptation et avec elle, le lâcher prise s’installe au FIL des jours,
un FIL d’espoir se centre lentement…
Ce FIL d’Ariane intime témoigne de la tourmente subie depuis ces derniers mois.
Au FIL du temps sans crier gare, le FIL s’est tendu, s’est effiloché, a cassé.
Les autoportraits réalisés au FIL des jours, pas à pas, privilégiaient le noir et blanc.
La démarche artistique s’est construite, quart d’heure après quart d’heure,
jour après jour sur des semaines avec des pauses, des reprises,
des mots, des idées griffonnés sur un carnet
puis la mise en œuvre lente, très lente. Garder le FIL !
Les premiers tirages noir et blanc après plusieurs semaines me sont apparus
trop sombres,
alors un FIL avec pleins de couleurs psychédéliques a émergé,
exprimant cette sensation étrange de ne plus être tout à fait moi
dans un état évolutif et l'espoir de guérison.
Tenir au FIL ...
2026